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Bienvenue ici pour découvrir l'association Rêves. Et puis il y a un filet de musique, un soupçon de lecture, un zeste d'humour, 2,3 gouttes de science... et une grosse larme de tourisme!!

N'hésitez pas à faire des commentaires et surtout à cliquer sur les liens dans Coups de Coeur pour voir ce qui s'y passe. 

A très bientôt sur mon blog! Merci!

 

 

 

Mercredi 4 juin 2008

Réfléchissez - quel est le substantif français le plus court? Eh oui, c’est: „eau“. Certes, il est composé de trois lettres, me direz-vous, tandis que le mot „os“ n’en a que deux mais quand on prononce „eau“, on n’entend qu’une seule voyelle: „o“.

La source de l’eau – je veux dire: la source du mot „eau“, c’est le mot latin aqua. En espagnol, „agua“, on entend déjà moins la consonne „q“ du latin – aqua – agua. Et en français, par évolution phonétique, aqua s’est transformé en eau.

Mais savez-vous qu’en France, il y a aussi d’autres mots pour désigner l’eau? Vous les connaissez. Par exemple „aigue“, en provençal, d’où le nom de la ville Aigues-Mortes en Camargue, les eaux mortes, les eaux stagnantes des marécages.

Une autre ville dans le nom de laquelle coule l’eau, c’est la première ville fondée par les Romains sur le territoire des Gaulois, c’était en 123 avant J.C. et c’était Aquae Sextiae, aujourd’hui Aix-en-Provence! Et ce n’est pas le seul Aix, il en existe 11 autres en France, dont deux qui s’appellent d’ailleurs Aix tout court!

Mais il y a aussi Aix-la-Chapelle, une station thermale romaine du nom de Aquisgranum ... Vous avez raison, cette ville ne se trouve pas en France, mais en Allemagne, c’est Aachen, baptisée „La Chapelle“ d’après la magnifique chapelle que Charlemagne y fit construire en l’an 814.

Aachen – aqua, c’est clair, non? Et – c’est faux. Aachen vient de l’ancien germanique „ahha“, écrit avec deux „h“, qui, lui, a des souches indogermaniques communes avec aqua. Ce sont donc deux soeurs ou deux frères, comme vous voudrez. De ce „ahha“ germanique découlent beaucoup de formes allemandes. Bien des noms de villes se terminent sur –ach, comme Biberach, et cela signifie qu’elles se trouvent à côté d’une „Ach“, une petite rivière.

Il y a un autre mot allemand plein d’eau, c’est „Aue“ qui désigne un terrain le long d’une rivière par exemple. Ce mot lui aussi vient de l’ancien germanique. Et avez-vous remarqué la coïncidence? „Aue“ – c’est l’anagramme de „eau“, les mêmes lettres ont juste changé de place, Aue, eau : on dirait que nos deux langues se font un clin d’oeil ...

http://www.arte.tv/fr/Video/1929450.html

par Elise publié dans : Allemagne
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Mercredi 5 mars 2008
Le symbole de la ville de Berlin est un ours, ein Bär. Vous le saviez? 
http://elisestf.over-blog.com/photo-1010619-berlin-045_jpg.html
Nikola Obermann nous raconte l’histoire et les métamorphoses de ce plantigrade berlinois au cours des siècles.

Vous le savez, en ce moment, le festival de Berlin bat son plein. Bien sûr, tous les festivaliers se posent la même question : qui aura l’ours d’or ?  Car au Festival de Berlin, les récompenses sont des ours. Un ours d’or pour le meilleur film et des ours d’argent pour la mise en scène, les comédiens, etc, etc.

Pourquoi des ours ? Eh bien, c’est simple, parce que l’ours, c’est le symbole de la ville de Berlin.

Et vous savez pourquoi ? Parce qu’en allemand, l’ours se dit « Bär » et que, vous l’entendez, de Bär à Berlin, il n’y a qu’un pas. Tout bêtement !

Le fait qu’à l’origine le nom de la ville, Berlin, n’a probablement rien à voir avec l’animal mais avec le mot berl qui signifie en slave « lieu humide », n’y change rien.
Au moyen âge, on aimait bien les blasons parlants, on a donc utilisé l’ours.
Il est vrai que l’ours sied bien à une capitale : fort, brave et vaillant. Mais l’ours de Berlin a connu des moments moins glorieux. Il lui a fallu plusieurs siècles pour s’affirmer !
Voici les premiers ours sur un sceau de la ville en 1280. Il y en a deux, ils symbolisent la ville de Berlin, mais ce qu’on voit surtout, c’est un aigle : le symbole des comtes de Brandebourg qui règnent sur la région.

En 1338, l’ours s’impose un peu plus, regardez, il est au centre du sceau maintenant, mais il a perdu son copain, une laisse le relie à un blason avec au bout l’aigle des seigneurs de Brandebourg. Libre, l’ours ? Pas encore.

Nous voici en 1450. Vous voyez comme l’aigle domine l’ours ! On dirait qu’il fait le fier.  C’est à l’image de ce qui vient de se passer : les bourgeois de Berlin se sont révoltés contre les seigneurs féodaux, mais ils ont été matés. Les Berlinois perdent leur autonomie et doivent dorénavant accueillir dans leurs murs les nouveaux princes de la région, les Hohenzollern. L’ours est puni.

Mais il se redresse. Sur ce blason de 1709, il n’a plus de laisse, juste un petit collier. L’aigle noir de Prusse et l’aigle rouge de Brandebourg lui font de la place. Normal, Fréderic 1er vient de réunir 5 villes, Berlin, Cölln, Friedrichswerder, Dorotheenstadt et Friedrichstadt, pour former la «Capitale et ville de résidence princière» Berlin. Le blason est donc surplombé par la couronne des princes électeurs. L’ours est fier.

1839. L’ours a encore grandi, certes, mais 2 couronnes le coiffent : la couronne des villes de résidence princière et la couronne royale de Prusse. Le collier, signe de la domination de Berlin par les Hohenzollern est toujours là.

En 1875, la municipalité décide enfin de supprimer le collier et de rendre à l’ours un aspect plus sauvage avec des poils en broussaille. Il a l’air plus agressif. Normal : L’Allemagne a gagné la guerre de 1870, Wilhem I, en français Guillaume I, devient Empereur et Berlin devient la capitale de l’empire allemand. Le « Grand blason » de la ville de 1883 reprend le même ours émancipé.

Berlin se transforme encore. En 1920, huit villes, 59 communes rurales et 27 domaines fusionnent pour former le « Grand Berlin ». Les aigles monarchiques disparaissent définitivement.

À l’issue de la deuxième guerre mondiale, Berlin est divisé en 2 : il y a donc deux ours, un pour chaque coté du mur. Et c’est l’ours ouest-allemand qui devient en 1990 l’emblème du Berlin réunifié : un ours de profil, libre, costaud, griffu, vaillant - comme il se doit pour le symbole d’une capitale.

par Elise publié dans : Allemagne
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Lundi 3 mars 2008

Vous connaissez Vercingétorix ? Bien. Mais connaissez-vous Arminius, son collègue allemand ? Avec Corinne Delvaux, Karambolage remonte aujourd’hui aux sources de nos deux cultures.

Qui est ce valeureux héros, chef des gaulois? Bien sûr, Vercingétorix.

Et qui est celui-ci, tout aussi valeureux ?
Hermann der Cherusker, connu aussi sous le nom d’Arminius, le chef des Germains.

Alors, commençons par Vercingétorix.
En 58 avant Jésus-Christ, le gouvernement de la Gaule occupée est confié à César.
Pendant six ans, César va tenter d’étendre l’emprise de Rome sur l’ensemble de la Gaule. Il n’a pas trop de mal : les Gaulois sont divisés en une multitude de tribus qui parlent des langues différentes et qui sont très occupées à se faire la guerre les uns contre les autres. César en profite et avance à grands pas.

Mais, un jeune Gaulois de la tribu des Arvernes, Vercingétorix parvient à fédérer plusieurs tribus et à les exhorter à se rebeller contre les occupants. En 52 avant Jésus-Christ, les Gaulois écrasent les légions romaines à Cénabum et Vercingétorix se fait élire chef des Gaulois. Il va donner beaucoup de fil à retordre à César au cours de cette année 52 jusqu’à ce que finalement, César l’accule sur la colline d’Alésia où Vercingétorix se replie avec ses troupes.

César, grand stratège, fait entourer la colline d’Alésia de circonvallations et de contrevallations. Les Gaulois sont faits comme des rats. Le siège d’Alésia va durer un peu plus d’un mois. Finalement, Vercingétorix se rend pour épargner ses guerriers. César l’envoie dans un cachot romain où il dépérira durant sept ans avant d’être supplicié lors du triomphe de César à Rome.
La défaite d’Alésia parachève la conquête de la Gaule par les Romains.

Et c’est en 1865 que  Napoléon III fait ériger la statue de 13 mètres 60  au sommet de la colline d’Alésia. Vercingétorix est l’emblème du « résistant à l’envahisseur », expression qui sera d’ailleurs un siècle plus tard pour qualifier Astérix.

Dans son récit « La Guerre des Gaules », César raconte ou plutôt laisse entendre sa difficulté à envahir les territoires des Germains. Mais les Romains sont tenaces et ils créent bon nombre de cités sur la rive gauche du Rhin comme Trêves ou Cologne.
En 9 apr. J C., l’empereur Auguste décide d’en finir avec les rebelles germains et le gouverneur Varus, à la tête de 20 000 hommes, tente d’envahir le Nord de la Germanie, les territoires à droite du Rhin.

Seulement voilà, en Germanie, un jeune guerrier de la tribu des chérusques va troubler la fête. Il porte un nom latin, Arminius, car, son père, un germain « assimilé » l’a envoyé dans une école d’officiers à Rome.
Mais face aux exactions de la campagne de Varus, Arminius se souvient de ses origines, il redevient Hermann, il fédère les troupes de Germanie et dans une bataille décisive il parvient à arrêter la progression de Varus. L’armée romaine est littéralement massacrée en 09 après Jésus-Christ.

Tout comme pour la bataille d’Alésia, les historiens divergent sur le lieu exact de cette victoire historique. Arminius a-t-il réellement battu Varus et ses légions dans la sombre forêt de Teutoburg ? Les fouilles récentes laissent penser que ce serait peut-être un peu plus au nord-ouest près de Osnabrück.

Il paraît que le pauvre empereur romain aurait pleuré : « Varus o Varus, rends-moi mes légions ».

L’exploit d’Arminius qui d’ailleurs, sera finalement vaincu par Germanicus 7 ans plus tard, va tomber peu à peu dans l’oubli. Mais au XIXième siècle, quand l’Allemagne aspire à son unité, on se souvient de ce héros, on oublie son nom latin Arminius au profit de son nom germain Hermann et on lui voue désormais un culte sans faille. Et, entre 1838 et 1875, on lui érige un superbe monument de 53 mètres 44, le Hermannsdenkmal, près de Detmold, en Westfalie.

Hermann est désormais mobilisé par les nationalistes de tout poil et naturellement, Hitler aussi se reconnaîtra en lui.

Bon, les revoici côte à côte, Hermann à droite, Vercingétorix à gauche. On peut jouer au jeu des 10 différences : Hermann arbore un manifique casque, tandis que les cheveux de Vercingétorix flottent au vent,
Hermann pointe son épée au ciel tandis que celle de Vercingétorix pointe le sol…

Mais la différence la plus importante ne se voit pas comme ça :
C’est que celui-là, Vercingétorix, tous les petits Français le connaissent au moins de nom. C’est un héros national toujours en service. On en oublierait presque qu’il s’est fait battre piteusement par les Romains.

Tandis que celui-là, Hermann ou Arminius, comme on voudra, eh bien, bien peu de jeunes Allemands sont capables d’associer quoique ce soit avec son nom: eh oui, dans l’Allemagne contemporaine, on a bien peur de glorifier les héros de l’histoire et on s’attarde fort peu, à l’école, sur les mérites de ce valeureux Germain qui est pourtant parvenu à massacrer l’occupant romain par légions entières.
Seuls quelques Allemands un peu plus âgés se souviennent de la chanson populaire :

Quand les Romains devenus insolents,
Sum, sum sum sum sum sum sum
partirent pour le nord de l’Allemagne
sum sum sum sum sum sum sum,
au son de la trompette
Te rä tä tä tä te rä,
Avançait en tête
Te rä tä tä tä te rä,
Le général Quintilius Varus

http://www.arte.tv/fr/connaissance-decouverte/

par Elise publié dans : Allemagne
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Vendredi 22 février 2008

Hajo Kruse raconte l’histoire du “Deutsches Eck”, mot à mot du “coin allemand”, un lieu très chargé d’histoire allemande, mais voyez plutôt:

Savez-vous qu’il existe en Allemagne un lieu qu'on appelle le « coin allemand », le « Deutsches Eck ». Il se trouve à Coblence, au confluent de la Moselle et du Rhin.

Et savez-vous en quoi ce coin est si allemand ?

Est-ce à cause de l’imposante statue équestre de l’empereur Guillaume premier, qui trône sur un piédestal ? Mais non ! C’est l’inverse : on a placé l’empereur à cet endroit parce que ce coin est totalement allemand.

Et voici pourquoi :
En 1888, des nationalistes Allemands veulent ériger un monument à la mémoire de feu l’empereur Guillaume 1er, pour le remercier d’avoir - fut-ce à l’aide d’une guerre - unifié l’Allemagne. Beaucoup de villes se portent candidates. Parmi elles, Coblence et son « coin allemand », ainsi appelé parce qu’au 13e siècle, les célèbres Chevaliers de l’Ordre Teutonique y avaient élu domicile. L’empereur Guillaume II retient cette option. Même si dans le peuple, cette étroite langue de terre entre Rhin et Moselle est plutôt surnommée «  queue de chien »...

La statue impériale est commandée à un certain Bruno Schmitz. Avec lui, on savait à quoi s'attendre : il avait déjà réalisé une énorme statue de l’empereur Guillaume à Porta Westfalica, ainsi que les monuments du Kyffhäuser et de la Bataille des Nations à Leipzig. Le résultat fut encore une fois colossal : une statue équestre en bronze de 14 mètres, sur un piédestal de 23 mètres.

Cet empereur en bronze, monté sur un fier destrier, était aussi imposant que majestueux. Il apparaîssait en grande tenue, coiffé d’un casque, la cape au vent. Une sorte d’ange, guidait le cheval et portait sur un coussin la couronne impériale.

Sur le piédestal, on pouvait admirer un relief représentant l’aigle impérial, occupé comme il se doit, à étrangler moult serpents et créatures malfaisantes. Au-dessus, cette inscription crâneuse : « à Guillaume le Grand ».

Voilà comment Guillaume II comptait assurer la gloire posthume de son grand-père. Mais ce ne fut pas une réussite.

Ce monument, dont la lourde symbolique nationaliste illustrait à merveille le style de l’époque wilhelmenienne, déclencha très vite des salves de critiques et de railleries.
Le poète Guillaume Apollinaire, dans son style bien à lui, décrit avec mépris « un monument d’un gigantisme hideux ». L’auteur satirique allemand Kurt Tucholsky se moque pour sa part de ce « coup de poing de pierre. »

De fait, la chose ressemblait à une énorme figurine de pièce montée. Elle incarnait bien cette Allemagne belliqueuse de la guerre de 1870.

En 1945, le puissant empereur tombe piteusement de sa monture. Le précieux cuivre est transformé en câbles téléphoniques. Seule la tête de Guillaume Ier est sauvée. Elle refera surface par la suite et se trouve aujourd’hui dans un musée. Reste à reconvertir le piédestal sans empereur. On le détourne purement et simplement de sa fonction première : en 1953, ce vestige de la mégalomanie d’antan est déclaré « monument de l’unité allemande ».
Et quand celle-ci se réalise enfin, on expose dans ce « coin allemand » trois morceaux originaux du mur de Berlin. Et à la place de l’empereur déchu, on fait flotter un grand drapeau allemand.

Mais l’histoire n’est pas finie.

Un beau jour, Anneliese et Werner Theisen, deux entrepreneurs de Coblence, décident d’offrir à la ville un nouvel empereur en bronze. Cette idée d’un autre âge est très décriée, en vain : en 1992, un Guillaume 1er flambant neuf est hissé sur le piédestal.

Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour redonner à une ville son visage passé, et attirer les touristes…
http://www.arte.tv/fr/

par Elise publié dans : Allemagne
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