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Bienvenue ici pour découvrir l'association Rêves. Et puis il y a un filet de musique, un soupçon de lecture, un zeste d'humour, 2,3 gouttes de science... et une grosse larme de tourisme!!

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Mardi 22 janvier 2008
Que les Allemands parlent de HerzINFARKT ou les Français de INFARCTUS du myocarde, ils trébuchent sur le vocable "infarctus" :  c’est que notre bouche forme spontanément soit un HerzINFAKT (un "coeur effectif"), soit un INFRACTUS (donc un "coeur brisé"...).

Infarctus est le terme médical pour un dysfonctionnement du muscle cardiaque hélas de plus en plus fréquent, et que l'on attribue souvent au stress de nos temps modernes.

Mais d'où nous vient ce mot rétif : in-far-ctus ?

Bien sûr du latin, cela s'entend. Le verbe latin infarcire signifie tout simplement "remplir, bourrer". Quant au verbe de base, farcire, il a été employé d'abord par les bouchers romains quand ils bourraient des boyaux, des poitrines, des lapins ou des dindes d'un hâchis de viande ou d'herbes aromatiques. C'est ainsi que nous arrivons à la FARCE culinaire qui, en France, atteint peut-être son sommet dans la traditionnelle dinde farcie (servie le jour de Noël), et en Allemagne sans doute dans la poitrine de veau farcie (gefüllte Kalbsbrust).

Mais le mot FARCE ne désigne-t-il pas aussi une pièce de théâtre populaire et drôle, pratiquée depuis la fin du Moyen Âge  ?
Exactement ! Et il s'agit bien du même mot. Il faut en effet savoir qu'à ses débuts, la farce théâtrale  était une sorte de sketch, voire un numéro de clown dont on remplissait les pauses entre les actes d'un spectacle sérieux. Peu à peu cette sorte de bouche-trou nommé "farce" est devenu une comédie burlesque à part entière, voilà.

Et notre infarctus là-dedans ??

Eh bien, revenons au latin infarcire, remplir : Depuis 1855 nous trouvons dans la terminologie médicale un participe passé un peu imprécis de ce verbe, à savoir infar(c)tus qui dit que quelque chose est rempli, bouché. Et en effet : un infarctus du myocarde est littéralement une  obstruction des artères coronaires. Il s'agit donc du premier sens de la farce, une farce qui bouche, qui bourre et qui ne fait pas rire du tout.

http://www.arte.tv/fr/connaissance-decouverte/karambolage/Cette-semaine/Emission-du-20-Janvier-2008/1753684.html
par Elise publié dans : Le mot
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Dimanche 30 décembre 2007

En France, il y a une expression qui s’applique exactement à la période des fêtes, c’est-à-dire grosso modo à la semaine qui va de Noël au Nouvel An : on l’appelle la trêve des confiseurs.

Attention, ça ne veut pas dire comme on pourrait le croire que les confiseurs s’arrêtent de travailler, mais tout au contraire, ça veut dire que tout le monde s’arrête pour laisser les confiseurs travailler, c’est-à-dire gagner de l’argent en vendant leurs douceurs.
Ainsi, la coutume veut que les politiciens mettent leurs luttes intestines en sourdine, que les diplomates cessent pratiquement toute activité le temps de la trêve des confiseurs ou encore que les entreprises se proposent de régler telle ou telle affaire délicate après la trêve des confiseurs.

En fait, c’est en 1874 que cette fameuse trêve est apparue pour la première fois ainsi que l’atteste cet extrait des mémoires du Duc de Broglie, un homme politique de l’époque :
« On convint de laisser écouler le mois de décembre [1874], pour ne pas troubler par nos débats la reprise d'affaires commerciales qui, à Paris et dans les grandes villes, précède toujours le jour de l'an. [.] On rit un peu de cet armistice, les mauvais plaisants l'appelèrent la trêve des confiseurs »

Il faut expliquer pourquoi cette mesure a pu paraître nécessaire à l’époque : la guerre franco-allemande de 1870-71, puis l'épisode sanglant de la Commune en mars, avril et mai 1871 ont affaibli la France et surtout Paris, qui se relèvent avec peine de ces épreuves successives. Au plan politique, les luttes font rage entre républicains, bonapartistes, monarchistes et révolutionnaires, chaque groupe voulant conquérir le pouvoir.

Malgré la virulence des débats politiques, les hommes politiques décident, fin 1874, de mettre leurs querelles et leurs débats en sommeil, invoquant pour prétexte que « le peuple doit pouvoir se concentrer sur les fêtes de fin d'année ».
Attention, cette sollicitude pour le bon peuple ne concernait pas sa tranquillité d’esprit, ou une invite à faire la fête, non, il s’agissait déjà à l’époque de faire en sorte que le peuple, enfin, ceux qui en avaient les moyens, puisse consommer plus. Il fallait  donner un coup de pouce au commerce.

Il n’est donc pas étonnant que ceux qui en aient le plus profité soient les fabricants et commerçants  de confiseries.

Avec le recul, on serait tenté de penser aujourd’hui que l’effet de cette mesure ne pouvait être que marginal par rapport à la crise économique de l’époque. Et pourtant, la trêve des confiseurs semble avoir eu un réel impact sur les ventes, elle a apporté un petit ballon d’oxygène à des commerçants menacés de mettre la clef sous la porte.

Et le fait que cette expression ait eu rapidement un succès qui ne s’est pas démenti depuis semble accréditer cette thèse.
Certains économistes qui savent que la théorie précède souvent la pratique, vont même jusqu’à penser que, sans en être conscients, les hommes politiques de la IIIe République, avait expérimenté là une méthode qui serait formulée et théorisée en 1930 par un célèbre économiste anglais John Maynard Keynes : la relance de l’activité économique par la consommation.

En tout cas, aujourd’hui encore, la période des fêtes reste le moment de l’année où l’on dépense le plus.

par Elise publié dans : Le mot
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Jeudi 8 novembre 2007

Vous, vous avez un violon d’Ingres? Hajo Kruse lui en a un, il joue de la trompette. Ce soir, il nous explique l’origine de cette jolie expression, le violon d’Ingres.

Madame Germaine, concierge de son état, adore son petit-fils Louis : "La trompette, c’est son violon d’Ingres!" dit-elle fièrement. Tout le monde comprend, et cela d’autant mieux que les voisins ne peuvent vraiment pas ignorer le dada du petit. Mais un étranger de passage est perplexe : „Quel peut bien être le rapport entre le bruyant passe-temps du petit Louis et le violon de Monsieur Ingres, célèbre peintre français du 19ième siècle ?

C’est pourtant clair : Ingres, le peintre, aimait jouer du violon en amateur. L’expression „Violon d’Ingres„ s’est vite propagée, pour désigner une activité secondaire, souvent artistique, choisie par goût. C’est comme ça qu’on dit : „le violon d’Ingres de Zola, c’est la photographie.“

Elle est jolie, cette expression, si jolie que Jean Cocteau a pu dire avec esprit : „C’est en jouant médiocrement du violon qu’Ingres nous a donné une formule si commode qu’on se demande de quelle autre on se servait auparavant. »

Pourtant, à part Madame Germaine, les Français utilisent de nos jours plutôt une autre expression, d’origine anglaise : le hobby, c’est plus moderne. C’est aussi une drôle d’histoire : le «  hobby horse «, qui signifie à l’origine le poney, désigne vite un petit cheval de bois à bascule qui fait la joie des enfants. Ensuite, on utilise hobby horse pour parler d’une activité ludique que petits ou grands pratiquent pour se distraire.

Et finalement, on a laissé tombé le cheval pour garder uniquement le hobby. Anglais, Français ou Allemands, tout le monde pratique maintenant un hobby.

Pourtant, les Allemands avaient, eux aussi, une image pour désigner leur passe-temps favori, leur passion, voire leur marotte : le Steckenpferd, mot à mot, le cheval à bâton.

Ce « Steckenpferd » n’est donc rien d’autre qu’un pauvre parent du hobby horse anglais, il n’a même pas de bascule, c’est juste un simple bâton, éventuellement orné d’une tête de cheval. Pas étonnant que les Allemands aussi aient fini par préférer le hobby tellement plus chic.

Hobby horse, Steckenpferd, beaucoup de chevaux dans cette histoire, et d’ailleurs les Français ont aussi le leur : car le dada, s’il désigne le cheval dans le langage des enfants, n’est autre dans le langage parlé que le versant péjoratif du raffiné violon d’Ingres.
http://www.arte.tv/fr/connaissance-decouverte/

par Elise publié dans : Le mot
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Dimanche 4 novembre 2007

Demain nous serons lundi. Pour les Allemands il sera Montag. Lundi, Montag ça ne sonne pas du tout pareil. Pourtant, ces deux mots ont une origine commune : la lune. En latin le jour de la lune est lunae dies, ce qui a donné lundi. En allemand, la lune s’appelle Mond, ce qui a donné Montag. Et chez les Anglais on dit Monday car leur lune à eux s’appelle moon. Pour les peuples de l’Antiquité, les 7 astres mobiles qu’ils avaient décelés sur la voûte céleste, étaient des Dieux. Mercure, Venus, la lune, le soleil, Mars, Jupiter, Saturne. Chaque dieu regnait sur un jour de la semaine selon un ordre savamment calculé par les Babyloniens.

Si en français la proximité entre les jours et leurs dieux saute aux yeux, en allemand il faut toujours faire un petit détour pour trouver le lien avec la planète d’origine. Car les peuples germaniques, lorsqu’ils rencontrent les sept jours de la semaine au 4ème siècle, ne veulent pas juste reprendre les noms des dieux romains, non, ils veulent trouver un dieu équivalent de chez eux.

Comme nous venons de voir, le lundi est le jour de la lune. Bien. Mardi c’est le jour de Mars, dieu de la guerre. Le latin « martis dies » est devenu mardi en français. Les Allemands ont nommé ce jour Dienstag. Car le Dieu de guerre germanique s’appelle Tyr ou Tiu, et aussi Mars Thingsus. Thingsus a donné Dienstag. Le Tuesday anglais porte la trace de son autre nom Tiu.


Maintenant, passons à Mercredi, Mittwoch en Allemand. Si vous avez été attentifs, vous avez compris que c’est Mercure, Dieu du commerce et du voyage, qui lui a donné son nom. Très bien. Mais, qui est donc ce dieu germanique Mitt? Ne cherchez pas, il n’existe pas. Mittwoch signifie tout simplement le milieu, Mitte, de la semaine, Woche. L’église catholique voulait ainsi faire diminuer l’influence des Dieux payens. Mais la trace de Wotan, dieu germanique et équivalent de Mercure, se trouve encore chez les Anglais qui disent Wednesday.

Voici Jupiter, le dieu romain du ciel. Le jour de Jupiter, Jovis dies, devient jeudi en français. Les germaniques préfèrent remplacer Jupiter par son collègue Donar ou Thor, qui remplit la même fonction chez eux, à savoir jeter la foudre et faire du tonnerre. Donar donne Donnerstag en allemand et Thor Thursday en anglais.

Vendredi et Freitag suivent le même shéma : Venus, c’est la déesse de l’amour. Veneries dies = vendredi. Et le Freitag allemand, tout comme le Friday des Anglais, vient de l’équivalent germanique de cette Vénus : Freya.

On serait tenté de voir dans le samedi français et le Samstag allemand un dérivé de Saturne. Mais non. Les deux mots viennent de sabbati dies, shabat, jour de repos des juifs. Les Anglais par contre ont gardé la trace de Saturne dans leur Saturday.

Et le dimanche ? Pour les Allemands c’est le jour du soleil, Sonne, donc Sonntag. Le Sunday anglais s’y réfère également. Dans les langues latines on a préféré remplacer solis dies par domenica dies : le dimanche des Français est donc le jour du seigneur.

Les chrétiens considèrent d’ailleurs le dimanche, jour de la résurrection, comme le premier jour de la semaine, même si dans le langage courant c’est le lundi. En Allemagne une loi instaure depuis 1976 seulement le lundi comme le premier jour de la semaine. Les pays anglosaxons et le Japon considèrent le dimanche comme premier jour de la semaine. Heureusement, à l’époque des Babyloniens le téléscope n’était pas encore inventé. Sinon, ils auraient peut-être découvert d’autres astres mobiles, invisibles à l’œil nu : Neptune, Uranus, Pluton… Ca aurait donné des semaines bien longues….

Nikola Obermann

par Elise publié dans : Le mot
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